Face à la pauvreté, on sent un vent mauvais. Le Monde.

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Face à la pauvreté, « on sent un vent mauvais »
Les incendies volontaires contre des centres dʼaccueil ou la baisse de subventions aux associations
trahissent un rejet grandissant du pauvre et du migrant.
LE MONDE | 31.10.2016 à 06h37 • Mis à jour le 31.10.2016 à 10h57 | Par Isabelle Rey-Lefebvre (/journaliste/isabelle-reylefebvre/)
Le mot a été officiellement retenu par ATD Quart Monde, après un sondage auprès de ses militants,
et lancé le 17 octobre à lʼoccasion de la Journée mondiale du refus de la misère : la
« pauvrophobie », ou rejet du pauvre. Le phénomène nʼest pas nouveau, mais il sʼinstalle dans la
société française et se manifeste de plus en plus visiblement dans le comportement des riverains,
des collectivités locales ou des administrations.
Ce même 17 octobre, à lʼaube, un feu dont lʼorigine criminelle ne fait guère de doute visait le futur
centre dʼhébergement des sans-abri (/societe/article/2016/10/17/le-futur-centre-d-accueil-pour-sdf-dans-le-16earrondissement-
parisien-incendie_5015098_3224.html) , qui doit ouvrir début novembre dans le
16e arrondissement de Paris, en lisière du bois de Boulogne. Le même jour, le centre du Secours
populaire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) était, à son tour, ravagé par un incendie : là aussi, des
traces dʼeffraction et la découverte de deux départs de feu laissent supposer un acte intentionnel. La
série avait débuté à Forges-les-Bains (Essonne), où un centre dʼaccueil des migrants a été incendié,
dans la nuit du 5 au 6 septembre. Le 24 octobre, enfin, le nouveau centre dʼaccueil et dʼorientation
destiné à recevoir les migrants en provenance de Calais, à Loubeyrat, dans le Puy-de-Dôme, a été
endommagé plus légèrement.
Lire aussi : Pauvreté : « Cessons ce discours selon lequel tous les pauvres seraient
des “salauds profiteurs” » (/idees/article/2016/10/09/pauvrete-cessons-ce-discours-selon-lequel-tous-lespauvres